Lun, 23 février 2026
a. Cotisations et rentes
Le taux de cotisation pour les personnes exerçant une activité lucrative est resté inchangé à 10,6 % (AVS 8,7 %, AI 1,4 % et APG 0,5 %), à répartir paritairement entre l’employeur et le travailleur.
Il n’y a pas non plus de modification du montant des rentes.
La treizième rente sera versée pour la première fois avec la rente du mois décembre 2026, uniquement si le bénéficiaire est vivant le 1er décembre (pas de pro rata). Elle ne s’applique toutefois pas aux rentes de survivants dues aux veufs et aux orphelins, de même qu’aux rentes de l’assurance-invalidité, qui continueront d’être versées douze fois par an.
Le montant perçu correspondra à un douzième (8,3333 %) de l’ensemble des rentes mensuelles de vieillesse effectivement perçues de janvier à décembre 2026. Le supplément de rente pour la génération transitoire n’est pas compris dans le calcul de la treizième rente.
Cette rente ne sera pas prise en compte dans le calcul du revenu déterminant pour les prestations complémentaires (PC).
b. AVS 21 : les principales conséquences en 2026
Acceptée en votation populaire le 25 septembre 2022, la réforme AVS 21 est entrée en vigueur le 1er janvier 2024. Elle constitue l’une des révisions les plus importantes de l’assurance-vieillesse et survivants. L’année 2026 marque une étape déterminante de sa mise en œuvre, en particulier s’agissant du relèvement progressif de l’âge de référence des femmes et des mesures de compensation prévues en faveur de la génération dite transitoire. Cette réforme se compose en 4 volets :
1) Harmonisation de l’âge de la retraite
Depuis la réforme, l’âge ouvrant le droit à la rente de vieillesse ordinaire est désigné par le terme « âge de référence ». Celui-ci est fixé à 65 ans pour les hommes et sera progressivement aligné à ce niveau pour les femmes. Le relèvement de l’âge de référence des femmes s’opère par paliers successifs de trois mois, en fonction de l’année de naissance, entre 2025 et 2028. Une personne qui prend sa retraite à l’âge de référence applicable à sa génération perçoit une rente AVS ordinaire, sans réduction ni supplément.
Après une première étape en 2025 concernant les femmes nées en 1961, l’année 2026 correspond à la deuxième phase de ce relèvement. Les femmes nées en 1962 voient ainsi leur âge de référence fixé à 64 ans et 6 mois. En pratique, le droit à la rente de vieillesse non réduite s’ouvre, pour cette catégorie d’assurées, entre août 2026 et juillet 2027. À titre illustratif, une femme née le 1er janvier 1962 peut prétendre à sa rente AVS dès le 1er août 2026, tandis qu’une femme née le 31 décembre 1962 y aura droit à compter du 1er juillet 2027. Pour les hommes, l’âge de référence demeure inchangé et reste fixé à 65 ans.
Conscient de l’impact que ce relèvement est susceptible d’avoir sur les assurées proches de la retraite, le législateur a prévu des mesures de compensation spécifiques en faveur des femmes appartenant à la génération dite transitoire, soit celles nées entre 1961 et 1969. Lorsqu’elles renoncent à percevoir leur rente de vieillesse de manière anticipée et prennent leur retraite à l’âge de référence applicable, ces assurées ont droit à un supplément de rente versé à vie. Le montant de ce supplément dépend à la fois du revenu annuel moyen déterminant et de l’année de naissance, et vise à favoriser les bas et moyens revenus. Pour les revenus annuels ne dépassant pas 60'480 francs, le supplément de base s’élève à 160 francs par mois. Il est de 100 francs pour les revenus compris entre 60'481 et 75'600 francs, et de 50 francs pour les revenus supérieurs à ce seuil. En présence de lacunes de cotisations, le supplément est réduit proportionnellement.
S’agissant plus spécifiquement des femmes nées en 1962 le supplément de base est limité à 50 %. Ainsi, une assurée disposant d’une durée de cotisation complète et d’un revenu annuel moyen de 50'000 francs bénéficiera d’une majoration mensuelle de 80 francs (50% du maxima fixé à 160 francs comme mentionné ci-dessus) lorsqu’elle prend sa retraite à l’âge de référence. En dehors de ces mesures transitoires, le principe demeure inchangé : toute personne, homme ou femme, qui perçoit sa rente de vieillesse à 65 ans touche une rente ni réduite ni augmentée.
2) Retraite flexible dans l’AVS - Anticipation
Depuis l’entrée en vigueur d’AVS 21, la rente de vieillesse peut être perçue de manière anticipée à partir de n’importe quel mois compris entre 63 et 65 ans pour l’ensemble des assurés, et dès 62 ans pour les femmes de la génération transitoire. Cette anticipation entraîne une réduction proportionnelle de la rente, calculée en fonction de l’âge exact au moment du début du versement et du revenu moyen déterminant. Il est également possible de percevoir une rente partielle, comprise entre 20 % et 80 % d’une rente entière, le pourcentage choisi pouvant être augmenté une seule fois avant de devoir prendre la rente intégralement.
À titre d’illustration, une femme née le 17 mars 1962 aura 64 ans le 17 mars 2026 et atteindra l’âge de référence de 64 ans et 6 mois le 17 septembre 2026, âge auquel elle pourra percevoir sa rente AVS complète. Elle pourrait toutefois choisir d’anticiper sa rente dès le mois d’avril 2024, à 62 ans, en percevant soit la totalité de la rente anticipée, soit une fraction de celle-ci. Le montant mensuel versé serait alors réduit proportionnellement à la durée d’anticipation et à la fraction choisie, conformément aux barèmes officiels de l’AVS.
À titre d’illustration, une femme qui atteindra l’âge de référence de 64 ans et 6 mois le 17 septembre 2026, mais qui a choisi d’anticiper sa rente dès le mois de septembre 2024, soit une anticipation de 2 ans par rapport à l’âge de référence. Dans ce cas, la rente mensuelle versée serait réduite de 13,6 %, conformément aux barèmes officiels de l’AVS (voir tableau ci-dessous), en raison de la durée d’anticipation. Cette réduction s’applique que la travailleuse perçoive la totalité de la rente anticipée ou seulement une fraction de celle-ci, la diminution étant proportionnelle à la durée d’anticipation et à la fraction choisie.
🔗 Voici le tableau du taux de réduction en % de la rente AVS en fonction de l’anticipation.
Source AVS : memento 3.04 Prestation de l’AVS
3) Retraite flexible dans l’AVS - Ajournement
En parallèle, la réforme assouplit également les règles relatives à l’ajournement de la rente. Il est désormais possible d’ajourner uniquement une partie de la rente après l’âge de référence. Le pourcentage ajourné peut être réduit une seule fois, après quoi le solde doit être pris en totalité.
L’ajournement de la rente de vieillesse permet aux assurés de différer le début du versement de leur rente après l’âge de référence, dans la limite de l’âge de 70 ans, à condition que le report soit d’au moins 12 mois (et donc au maximum de 60 mois). Cette mesure entraîne une augmentation proportionnelle de la rente, calculée en fonction de la durée de l’ajournement et de l’espérance de vie, et ne peut être modifiée qu’une seule fois. Elle peut également être combinée avec une anticipation partielle, mais le solde de la rente ajournée doit ensuite être pris intégralement.
À titre d’illustration, reprenons la femme qui atteindra l’âge de référence de 64 ans et 6 mois le 17 septembre 2026. Si elle choisit d’ajourner sa rente de 18 mois, elle commencera à percevoir le premier versement en avril 2028. Cette stratégie lui permet d’augmenter sa rente mensuelle d’environ 8,0 % par rapport à la rente à l’âge de référence. Cette majoration vient s’ajouter au supplément transitoire lié à sa génération, ce qui se traduit par une amélioration significative du montant de sa rente. Cette possibilité souligne l’importance pour les assurés d’anticiper et de planifier leur départ à la retraite, l’employeur n’ayant qu’un rôle administratif dans l’exécution de cette décision.
Source AVS: memento 3.04 Prestation de l’AVS
L’anticipation et l’ajournement peuvent également être combinés, permettant par exemple à un assuré de percevoir une fraction de sa rente avant l’âge de référence, tout en ajournant le versement du reste. Cette combinaison peut être modifiée une seule fois entre 63 et 70 ans. Il convient enfin de relever que les taux de réduction applicables en cas d’anticipation et les taux d’augmentation en cas d’ajournement seront adaptés à l’évolution de l’espérance de vie, au plus tôt à partir de 2027.
4) Nouveau calcul de la rente après l’âge de référence
Enfin, AVS 21 introduit un nouveau mécanisme permettant d’améliorer la rente de vieillesse après l’âge de référence. Les revenus réalisés et les périodes de cotisations accomplies après cet âge peuvent être pris en compte dans un nouveau calcul de la rente, sur demande de l’assuré, jusqu’à l’âge de 70 ans. Cette possibilité est toutefois soumise à plusieurs conditions cumulatives : la rente maximale ne doit pas être atteinte, il doit exister une lacune de cotisations et le revenu réalisé après l’âge de référence doit représenter au moins 40 % du revenu moyen déterminant.
Dans ce cadre, les assurés ont la faculté de choisir si la franchise AVS de 1'400 francs par mois, soit 16'800 francs par année, doit être appliquée aux revenus perçus après l’âge de référence. Les salariés doivent communiquer leur choix à l’employeur, lequel le mentionne dans la déclaration de salaire transmise à la caisse de compensation AVS. Ce choix vaut pour l’ensemble de l’année civile concernée et peut être renouvelé avant le versement du premier salaire de chaque nouvelle année. À défaut de déclaration contraire de l’assuré, la franchise s’applique automatiquement.
c. Salaire non soumis à cotisations (salaire de minime importance)
Dès 2026, la liste des employeurs qui ne peuvent appliquer l’exonération des cotisations pour les "salaires de minime importance" (2'500 francs / an) est élargie pour inclure également les chœurs, les médias électroniques et imprimés, les entreprises de design et les musées.
Depuis cette année, les cotisations (AVS/AI/APG et AC) sont donc obligatoirement dues :
📄 Rappel : même si l'exonération est possible, le travailleur peut toujours exiger que les cotisations soient prélevées sur son salaire inférieur à 2'500 francs.
d. Solde des sapeurs-pompiers de milice
Augmentation de la limite maximale de l’exemption des cotisations sur la solde versée aux sapeurs-pompiers de milice à 5’400 francs (au lieu de 5’300 francs), montant également exonéré de l’impôt sur le revenu.
La numérisation progressive du traitement des allocations pour perte de gain (APG) a débuté. A partir de cette année, les personnes qui font du service dans l'armée, dans le service civil et la protection civile ainsi que dans "Jeunesse et Sport" pourront envoyer leurs demandes d'allocations pour perte de gain sous forme numérique.
Les APG pour «jeunesse+Sport» seront les premières à être numérisées, en février 2026, puis suivront :
Durant la phase transitoire, les formulaires papier seront supprimés progressivement. Les demandes APG papier continueront toutefois à être traitées normalement pendant les cinq années qui suivront l’introduction du système. Pour plus d’informations sur la marche à suivre : Demande d’APG par voie numérique : Jeunesse+Sport ouvrira les feux - Soziale Sicherheit CHSS
En 2026, le canton de Genève a poursuivi la baisse du taux de cotisation relatif à l’assurance-maternité (AMat), lequel s’élève cette année à 0.058 % des revenus soumis à cotisation AVS à répartir paritairement entre l’employeur et le travailleur.
Le taux de cotisation des allocations familiales s’élève quant à lui à 2,22% (dû par l’employeur uniquement).
Selon la décision du Conseil d'Etat, le taux de contribution des salariés pour les allocations familiales sera de 0.13 % pour l'année 2026.
La cotisation PC Famille et rente-pont (PC Fam) passe de 0.06% à 0.09%, soit 0.18% en tout (par employeur + travailleur).
a. Prolongation du versement des indemnités RHT
La durée maximale de perception des indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail (RHT) a été prolongée à 24 mois jusqu’au 31 juillet 2026. Pour plus d’informations sur la procédure à suivre : eServices et formulaires pour l'indemnité en cas de réduction de l'horaire de travail
b. Nouveaux formulaires
Les formulaires relatifs à l'indemnité de chômage ont été révisés et remaniés pour le nouveau système de paiement SIPAC 2.0. Les formulaires «Attestation de l'employeur» et «Attestation de gain intermédiaire» sont disponibles ici. Les anciens formulaires ne sont plus acceptés.
En cas d’affiliation à une institution LPP, la déduction fiscale maximale autorisée des cotisations versées à titre de prévoyance individuelle liée (pilier 3a) reste de 7’258.- francs en 2026.
Il est à présent possible d’effectuer des rachats à certaines conditions de manière rétroactive pour atteindre la cotisation maximale. Les personnes qui n’ont pas eu les moyens ou qui ont oublié de cotiser au pilier 3a en 2025 peuvent pour la première fois en 2026 rattraper leur cotisation manquante. Cela s’applique tant aux travailleurs salariés qu’aux indépendants.
Pour pouvoir en bénéficier, il faudra avoir versé l’entier de la cotisation due en 2026. Un seul rachat est possible par année fiscale.
Un rachat peut se faire pour les 10 années précédentes. Il est déductible l’année où il est effectué.
a. Les employeurs qui offrent les prestations ci-après n’ont pas besoin de les déclarer dans le certificat de salaire :
b. L’indemnité kilométrique pour le remboursement des frais de déplacement a été augmentée à 75 centimes.
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